Info-Spectacle

La Compagnie Peanuts vous invite à venir découvrir :
 

Journal d’un Fou
par la Cie Le Sonneur au Ventre Jaune
 
Le 30 avril et les 1er, 7 et 8 mai à 20h30
Le 2 mai à 15h
au théâtre du Têtard
Réservations : 04 91 47 39 93

 

 

Le Journal d’un fou a été écrit par Nicolas Gogol en 1835. Elle fait partie du recueil « arabesques ». On y voit la lente descente de Poprichtchine, un petit fonctionnaire au temps des tzars, vers la folie.

Cette nouvelle est l’unique texte de Gogol écrite à la première personne. La réalité y est décrite à travers les yeux d’un « je » anonyme et malade. Cet aspect en fait un texte très théâtral. D’autant que le « journal » semble un texte adressé. Poprichtchine parle aux lecteurs. Il veut les convaincre de l’exactitude de son raisonnement. Sa folie semble nécessiter un auditoire, mieux : un public.

La description de la folie de Poprichtchine est souvent drôle, enlevée, voir burlesque, mais elle devient au fil du récit cruelle. La farce se dérobe. C’est que Poprichtchine déforme la réalité pour tenter de mieux la saisir, il l’invente au fur et à mesure qu’elle le broie. Il parle pour ne pas sombrer. Il tente de donner un sens là où justement le sens qui s’impose à lui ne le satisfait pas, le rebute. Sa folie est un refuge, un moyen de se cacher du monde réel. Au fil de son journal, Poprichtchine devient de plus en plus pathétique et muré. Cette folie qui prêtait à rire devient embarrassante, asociale.

Mais la force du texte de Gogol est que dans le même temps la verve de Poprichtchine atteint au sublime. Sa folie est poétique. Elle invente littéralement un monde de mots qui s’entrechoquent, des images ahurissantes de vie et d’invention – la folie de Poprichtchine est plus belle que la vie… Et cette verve, cette capacité à rompre, à brutaliser les mots, fait du « journal » un merveilleux texte théâtral et poétique

« Journal d’un fou » est un monologue. Autant dire que l’acteur (François Lavaud) est au centre du dispositif. A lui la lourde charge d’être et d’incarner un personnage à la fois drôle, rebutant (car Poprichtchine n’est pas qu’un doux dingue : il est aussi antisémite, parfois violent, imbu de sa personne, insupportable) et surtout si humain, si désespérément humain qu’il nous semble que nous sommes tous des Poprichtchine anonymes…

Une nouvelle mise en scène de Stéphane Gisbert et de la Compagnie du Sonneur au ventre jaune.

 

 

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